Frédéric Desmarets dans Le Courrier, 26/4/04
Jaune Toujours: l'âme des instruments.
La salle La Luciole à Houthem, tenue pour l'occasion par l'unité scoute Comines Houthem, avait le privilège d'acceuillir le groupe bruxellois Jaune Toujours.
Au niveau musical, Jaune Touours est un mélange, une addition de styles, musiciens et instruments, chacun ayant ses particularités très affirmées: accordéon, percussions, contrebasse, trompettes. Cet ensemble acoustique est men par Piet Maris, fondateur du groupe, auteur des extes et joueur d'accordéon, qu'il manie comme pourrait faire danser sa guitare le plus déjanté des musiciens punks. Pour décrire au néophyte la musique de Jaune Toujous, Piet évoque une synthèse entre les Négresses vertes des débuts et les fanfares des Balkans. Puis lui laisse le plaisir de la découverte, puisque le groupe ne s'arrête pas là mais explore différentes cltures, ces pérégrinations curieuses lui ayant permis finalement de trouver son style, très personnel. Piet Maris décrit joliment ce mélange et cette ambition: Nous essayons de faire jouer l'ame de chacun des instruments.
Les textes sont également très importants pour Piet, qui ne conçoit pas la musique sans une certaine forme d'engagement. Dans les textes, nous essayons d'attaquer des sujets pas forcément évidents de prime abord. Avec toujours l'envie de casser les préjugés que les gens peuvent avoir sur tel type de personne ou telle situation. Par exemple, il y a une chanson qui parle d'un réfugié. Plus exactement, le texte incite à se mettre dans la peau du réfugié, plutôt que de décrire sa situation de l'extérieur. Cela peut faire prendre conscience de beaucoup de choses. Qu'on ne s'y trompe pas, un concert de Jaune Toujours n'est pas pour autant un moment pesant, l'aspect festif et jubilatoire de la prestation musicale reste égaleent un élément essentiel de la recette, qui en l'occurence tient de la véritable alchimie. Les spectateurs qui ont eu la bonne idée de faire halte à La Luciole samedi soir pourront en témoigner. Des textes engagés n'impliquent pas que la musique soit lourde, au contraire, explique Piet Maris. Disons qu'il y a plusieurs niveaux dans ce que nous faisons. Quelqu'un qui ne nous connaît pas et nous voit en concert pour la première fois peut simplement se laisser porter par la musique.
Les textes en français.
Au tout début c'était un défi, un but important: contribuer à casser les préjugés qu'il peut y avoir de part et d'autre de la frontière linguistique. Puis c'est devenu naturel, je passe d'une langue à l'autre en fonction de ce que je veux exprimer, il ya des choses que je dis plus facilement en français, et d'autres que je ne peux exprimer qu'en néerlandais. Avec quatre partis, le concert de Comines est très délicat et éprouvant. Le public se renouvelle, c'est comme si nous nous produisions dans plusieurs concerts.
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